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6月26日 I got it !J'AI MON PERMIS !!!! ENFIN !!!
Vous savez, cette feuille de papier-cul rose qui vous sert à prouver que vous pouvez rouler en bagnole sans tuer tout ce qui vous passe devant. J'ai eu du mal, ce fut long et laborieux, mais enfin c'est bon, je l'ai. Putain que je suis content !
Alors là, rien à foutre du temps pourri et du froid, je me sent enfin en vacances bordel !
![]() 6月9日 Marilyn Manson - Eat Me, Drink Me
Quatre ans après un album très décevant, après une tournée pathétique de concerts d’à peine une heure à la mise en scène risible, après avoir viré ses meilleurs musiciens, après un best-of pas franchement indispensable, après avoir exposé sa vie privée pour faire parler de lui, après des projets ridicules (comme son parfum), je doit vous avouer que je n’attendais plus rien de Marilyn Manson. Un ex-artiste devenu business-man que je pensais définitivement bouffé par ses clichés, englué dans son délire cabaret de années 30 et dans un pseudo métal pompe-à-fric pour ados en manque de bruit.
Lorsque que l’album Eat Me, Drink Me s’est retrouvé sur le net un mois avant sa sortie officielle, j’ai téléchargé ça (illégalement) en me disant que ça ne resterait sans doute même pas sur mon pc.
Après une première écoute rapide, je fus conforté dans mon avis. La même voix grinçante faussement mélodique et ultra-trafiquée que dans The Golden Age Of Grotesque, des morceaux mal foutus et ennuyeux, des sonorités moches. Bref, une bonne daube.
La deuxième écoute plus approfondie me fit découvrir des aspects plus intéressants du disque. Des solos de guitare, une ambiance particulière, des riffs très « pop anglaise », des morceaux rappelant les premiers albums… mais toujours ce son ignoble et cette voix horripilante. Rien de bien palpitant quand même.
Puis la troisième écoute fut la révélation. Je découvrais un album dynamique, rock’n’roll avec ce côté « pop anglaise » très intéressant, des morceaux accessibles mais pas simplistes, une ambiance glauque et la voix monotone de Manson qui se ballade là dessus.
Ca y’est, j’étais finalement conquis. J’étais alors sûr d’acheter le disque sans craindre une nouvelle désillusion (comme quoi le téléchargement a parfois du bon).
L’album commence par un If I Was Your Vampire assez posé. Un son glauque, des échos, une batterie puissante et savamment disséminée dans le morceau, une guitare légèrement saturée tout en arpèges mélodiques qui avance tranquillement sur les couplets et s’énerve un peu sur les refrains, et la voix de Manson qui semble en décalage avec tout ça mais qui finit par s’intègrer au fur et à mesure que la tension monte. Ce morceau est d’après Manson himself, un hommage à Bella Lugosi’s Dead de Bauhaus.
On continue avec un Putting Holes In Happiness particulièrement rock. Une guitare limite heavy au riff accrocheur, des claviers. Le morceau est assez triste. Le couplet est calme, Manson semble au fond du gouffre. Puis les guitares et un beau solo bien rock au milieu du morceau reviennent faire bouger tout ça. Je verrais bien des violons mélancoliques sur ce titre (mais ça serait un peu too much pour le coup).
The Red Carpet Grave. Alors là, premier coup de foudre de l’album. Un riff très pop (qui ne détonnerais pas dans un album de Franz Ferdinand) qui tourne en boucle tout le long du morceau. Une rythmique syncopée et dansante, des effets de synthés qui sortent de nulle part. Le refrain est à la fois mélodique,puissant et noisy. Un premier solo de guitare creux et très mal senti coupe le rythme du morceau en plein milieu, heureusement un deuxième rattrape le niveau sur la fin.
On enchaine avec un They Said The Hell’s Not Hot bien rock. Un riff simple et efficace, un couplet tristounet, un refrain magnifique au chant très mélodique (pour du Manson), un beau solo de guitare avec wha-wha. C’est simple, on a l’impression d’avoir déjà entendu ça 100 fois, mais ça marche rudement bien !
Just A Crash Car Away me rappelle un peu l’ambience des morceau les plus calmes de Mechanical Animals. Cette guitare mélodique, cette voix tourmentée, cette rythmique carrée, ce refrain poussif, ce solo en fin de morceau : on est pas bien loin d’un Fundamentally Loathsome avec une pointe de The Golden Age Of Grotesque.
Le premier single, Heart-Shaped Glasses. Une guitare encore une fois trés pop, un chant assez joli, une rythmique rapide et dansante, un beau reffrain qui sonne comme il faut. Le titre remplit son rôle de single, donne clairement le ton de l'album, mais semble un peu vide sur les couplets.
On poursuit avec Evidence. Des couplet basse/batterie, une ambiance mélancolique, un refrain hurlé avec un riff de guitare pêchu assez bizarre, et encore un solo de guitare (je ne les compte plus).
Le titre suivant, Are You The Rabbit ? semble tout droit sorti de Portrait of an American Family. Tout y est : le son des guitare, la batterie, la voix… remplacez juste le côté «cirque» par un truc plus «Alice au Pays des Merveilles» (grande influence de Manson pour Eat Me, Drink Me, d’ailleurs le titre de l’album vient directement du compte de Lewis Carroll), et ajoutez bien sûr à la fin du morceau… un solo de guitare bien rock (ça commence à faire beaucoup là non ?)
Mutilation Is the Most Sincere Form of Flattery. Rien de special pour ce morceau. Un son assez rock, des ptits riffs guitare pop sympatoches, des paroles… 100% Manson (Fuck you, fuck you, fuck you too). Et bien sûr… l'inévitable solo de guitare ! (mais débranchez lui son amplis bon-dieu !)
Alors là c’est du lourd ! You and Me and the Devil Make 3. Une grosse basse bien ronflante, une grosse guitare bien crasseuse, limite stoner, un Manson qui gueule, et tout ça qui monte dans un crescendo cacophonique digne de Nine Inch Nails. Pas mal du tout !
On termine cet album par le morceau titre Eat Me, Drink Me avec son ambiance de fin du monde, de Last Day On Earth. Manson nous charme avec sa voix désespérée. C’est triste, la guitare est sublime, le son est magnifique (beau boulot de production). Une très belle fin qui rappelle ce par quoi l’album avait commencé.
Un bon album au final, et une belle surprise. Un album accessible mais pas une daube commerciale.
J’ai l’impression qu’ici ce n’est pas Marilyn Manson qui s’est exprimé mais plutôt Brian Warner, l’homme derrière le maquillage. On sent une réelle sincérité, tout cela semble très personnel. On retrouve de nombreux éléments des anciens albums de Manson, comme si il avait voulu faire le point après un échec.
Il y a également ce mélange de de tristesse et de jubilation qui semble parcourir tout l’album. C’est un peu comme si un Brian Warner nostalgique enterrait dans la douleur un Marilyn Manson mort depuis le superbe Holy Wood, mais en même temps il semble heureux de s’être débarrassé de ce poid, de pouvoir renaitre et de faire renaitre sa propre vision artistique.
Esperons que la suite suivra le même chemin...
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